Dieudonné condamné pour injure raciale
Les juridictions pénales ont estimé que le spectacle de Dieudonné, donné le 26 décembre 2008, méritait une condamnation pour injure raciale.
Reconnaissant lui-même sa volonté de "provoquer et de choquer", Dieudonné a fait remettre à un militant et auteur négationniste, Robert Faurisson, un "prix de l’infréquentabilité" par un comparse, habillé en déporté et portant l’étoile jaune. Dieudonné présentait alors un chandelier à Robert Faurisson.
Dieudonné a invoqué la liberté de l'artiste en assurant que ses provocations étaient destinées aux journalistes : "C'était un spectacle, une œuvre humoristique, il y a un jeu avec les médias, je leur ai servi un attentat humoristique à ma sauce" ; tout en ajoutant qu’il s’agissait de provoquer un meeting antisémite pour "les" (entendez, la communauté juive) faire grimper au rideau, pour "leur glisser quenelle".
Le Tribunal puis la Cour d’appel ont considéré que l’infraction d’injure raciale était constituée par la réunion des éléments suivants :
► les gestes éloquents se rapportant à l’Holocauste (habit de déporté, étoile jaune, chandelier) ;
► la remise d’un « prix » à une personne prônant des thèses négationniste ;
► les propos outrageants et méprisants tenus à l’égard de la communauté juive.
Le Procureur de la République avait estimé lors du procès, dans sa demande de condamnation de Dieudonné, que "en tournant en dérision, en avilissant sciemment, avec une dose de sadisme, les souffrances que la communauté juive a endurées, il m’apparaît que Dieudonné M’bala M’bala a blessé et humilié".
Une énième condamnation pour des faits similaires
La condamnation pour injure à caractère raciale prononcée par le Tribunal puis la Cour d’appel à l’encontre de Dieudonné fait suite à d’autres condamnations intervenues dans un cadre et sur un thème similaires.
En effet, deux condamnations pour propos antisémites ont déjà été prononcées à l'encontre de l'homme de spectacle, qui a fait également de la politique :
► La Cour d'appel de Paris avait confirmé le 26 juin 2008 sa condamnation à 7.000 euros d'amende pour avoir assimilé en 2005 la mémoire de la Shoah à de la "pornographie mémorielle".
► La Cour d'appel l'avait condamné auparavant, le 15 novembre 2007, à 5.000 euros d'amende pour avoir comparé en 2004 les "Juifs" à des "négriers".