Du « vous n’avez pas le monopole du cœur » au « vous êtes l’homme du passif » en passant par « il y a des colères saines », les débats télévisés entre les deux tours de la présidentielle ont toujours été d’intenses moments politiques, toujours massivement suivis par les téléspectateurs français. Le 2 mai prochain, les deux premières chaînes retransmettront en direct le débat entre les deux candidats N. Sarkozy et F. Hollande et les deux camps politiques aiguisent leurs arguments en vue de la confrontation. Seulement un tel débat est-il obligatoire ? Peut-il changer de forme ou peut-il y en avoir plus qu’un seul ? Les réponses dans notre article…
Un ou plusieurs débats entre les deux tours ? La polémique enfle
Peu de temps après l’annonce des résultats du 1er tour, Nicolas Sarkozy a proposé à son rival socialiste François Hollande trois différents débats entre les deux tours de la présidentielle. François Hollande a balayé cette idée en estimant qu’il n’y avait pas de raison de changer les règles préétablies et que la proposition de Nicolas Sarkozy ne reposait sur rien. Il a rappelé la tradition d’un seul débat entre les finalistes de la course à l’Elysée entre les deux tours : « Ce n'est pas parce qu'il a un mauvais résultat qu'on va changer l'organisation. Il fait partie des mauvais élèves qui disent on doit changer l'organisation de l'épreuve ». Plusieurs grandes radios ont demandé à organiser un débat entre les deux tours ; mais François Hollande a refusé d’y participer tandis que Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il y était favorable.
Quelle est la position du droit vis-à-vis du débat de l’entre deux tours de la présidentielle ?
► Débat de l'entre deux tours, le droit Français ne prévoit rien - Le droit électoral ne traite en rien du débat télévisé entre les deux finalistes de l’élection présidentielle, il s’agit en réalité d’une tradition non écrite de la Ve République depuis que la télévision s’est répandue dans tous les foyers et depuis le premier duel télévisé de 1974 opposant Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand. Les candidats qui les ont succédés dans la course à l’Elysée ont donc repris ce système sans trop le modifier. Egalité des temps de paroles et interdiction des contre-plans pendant qu’un des deux candidats parlent sont quasiment les seules règles qui entourent le débat. On est loin des 76 règles du débat outre-manche ou de la règlementation pantagruélique du débat télévisuel américain. L’ancien président américain déclarait toutefois que « le débat est à la présidentielle ce que le défilé en maillot de bain est à l’élection de miss Univers », relativisant ainsi l’impact du débat télévisé entre les deux tours.
► Pas d'obligation de débattre ou de ne pas débattre pour les candidats - Les prétendants à l’Elysée n’ont donc aucune réelle obligation de débattre ou de ne pas débattre, ou d’organiser un ou plusieurs débats télévisés. Les dernières décennies ont juste quelque peu assis la tradition selon laquelle il devait y avoir un débat télévisé entre les deux tours. Cette pratique peut donc être mise de côté à l’envie par les différents médias ou par les candidats eux-mêmes. En 2002 par exemple, Jaques Chirac, alors président, avait refusé de débattre contre son adversaire Jean-Marie Le Pen. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont donc en principe libres de débattre ou non, une ou plusieurs fois devant les caméras de télévision ou devant les micros des journalistes, mais un refus de débattre est souvent perçu comme un désaveu de ses propres arguments politiques ou comme la peur de la confrontation devant son adversaire politique. Il y aura donc un débat télévisé, et les déclarations récentes laissent à penser qu’il n’y aura qu’un seul débat.