Le conflit qui oppose les propriétaires de Monoprix (les Galeries Lafayette et le groupe Casino) depuis le mois de janvier n'est pas prêt de s'estomper. Les prix du magasin auraient augmenté de 2,3 % depuis trois mois et le groupe casino accuse les galeries Lafayette de relever les prix pour gonfler articficiellement la valeur de sa participation.
Les marques Casino et Galeries Lafayette qui sont copropriétaires de Monoprix, sont actuellement en désaccord sur la valorisation de l’enseigne. Les deux actionnaires s'affrontent depuis janvier sur la valorisation des 50% de Monoprix détenus par les Galeries Lafayette. Le groupe stéphanois menace de saisir la justice pour obtenir le respect par la chaîne de grands magasins des accords régissant la gouvernance de leur filiale commune. Aujourd’hui, la bataille s’étend sur la gestion et la politique de Monoprix.
Le 17 avril dernier, Jacques Dumas, conseiller juridique de Jean-Charles Naouri qui est le principal actionnaire et PDG de Casino a envoyé un courrier poignant à Philippe Houzé, président des Galeries Lafayette et PDG de Monoprix. Ce dernier lui reproche : «Une augmentation excessive des prix des produits alimentaires » ! L'indice du prix de l'enseigne, qui permet de comparer ses tarifs à la moyenne du marché (fixée à 100) est passé de 107,7 à la fin du premier trimestre 2011 à 110 un an plus tard. Selon Casino : «cette augmentation anormale explique une part significative de l'augmentation du chiffre d'affaires de Monoprix fin mars 2012 (+5,9% sur un an) et correspond à l'essentiel de la croissance du résultat opérationnel de la même période». En résumé, Casino demande à Monoprix: «Monoprix doit revenir à un indice tarifaire de 108, comme le prévoit le plan à moyen terme établi en novembre». L'entourage de Philippe Houzé parle «d'accusations sans fondement» et assure que les hausses, exigées en juillet par Jean-Charles Naouri datent de l'été dernier. Le tribunal de commerce de Paris se penchera sur les assignations des deux coactionnaires de Monoprix dans quelques semaines.