Les déboires fiscaux de Yannick Noah...
On le sait, Yannick Noah a des soucis avec le fisc français. Il est en conflit avec l'administration fiscale depuis les années 90. Il a récemment été débouté de son recours devant le Conseil Constitutionnel visant à contester le redressement fiscal dont il faisait l'objet, à hauteur d'un million d'euros. Résident suisse depuis lors, ses positions récentes et très explicites en faveur de la taxation à 75% sur la part des revenus supérieurs à un million d'euro par an avaient suscité de nombreuses réactions fondées notamment sur l'incohérence entre le discours tenu ("moi je suis content de payer, et je le ferai") et les actes (sa vie en suisse, ses recours en justice visant à contester le redressement fiscal dont il faisait l'objet, etc.).
... sans liens avec le fait qu'il soit entendu par la commission d'enquête sur l'évasion des capitaux
Pourtant, son audition imminente par la commission d'enquête sur l'évasion des capitaux semble a priori être sans rapport aucun avec ses récents déboires fiscaux.
Créée le 17 janvier 2012 et présidée par Monsieur Philippe Dominati (sénateur UMP de Paris) la commission d'enquête sur l'évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales a déjà entendu un certain nombre de personnalités moins "people" que Yannick Noah. Parmi eux, des Conseillers d'état, Juge d'instruction au pôle financier, Professeurs de Droit mais aussi Laurence Parisot (Présidente du Medef) Maurice Lévy (Président Directeur Général de Publicis) et d'autres dirigeants de grandes entreprises françaises parmi lesquelles Total, LVMH, Google, etc.
Très concrètement, quel est donc l'objet de l'audition de Messieurs Noah et Forget ?
A priori, cette audition n'aurait aucun lien direct ou indirect avec les démélés fiscaux du premier. Il semble en effet que le principal objet de ces auditions soit de recueillir l'avis de celles de nos personnalités publiques qui seraient les plus concernées (tentées ?) par la fraude et l'évasion fiscale. Histoire sans doute, de les associer - et/ou de les lier ! - à l'élaboration de solutions pertinentes et acceptables pour lutter contre l'évasion fiscale qu'ils seraient de facto, les premiers à accepter de mettre en application. En gros l'idée serait : puisque vous êtes associés aux réflexions pour lutter contre l'évasion fiscale et que votre opinion importe pour trouver les solutions à cette plaie fiscale française, vous seriez tout de même mal venus par la suite à vous exiler fiscalement sauf à vous couvrir de ridicule et devenir victime médiatique de vos propres contradictions...
Méthodologie assez subtile au fond, mais dont on peut douter au final de l'efficacité.
Il semble en effet que certains n'en soient plus à une contradiction près. Surtout, tout porte à croire que de nos jours, le ridicule ne tue plus. Dans le cas de Monsieur Noah, il semble même au contraire cimenter encore davantage la grande histoire d'amour nouée entre les français et lui : pour la huitième fois consécutive, Yannick Noah reste la personnalité préférée des Français (sondage Ifop réalisé pour le Journal du Dimanche, publié en janvier 2012).